Saison 2020

Ravoir et Sologne

Historique et faits marquants 2020

Aucun oiseau ne se reproduisant sur le pylône en 2020 (comme c’est le cas depuis 2017), la caméra 2 a finalement été désactivée. Elle devrait être déplacée à proximité d’un nid fonctionnel au cours de l’hiver prochain.

Ravoir et Sologne – 15 août

Sur le départ…

L’été avance… Tous les jeunes des 26 nids suivis en forêt d’Orléans et dans sa périphérie proche ont pris leur envol et on assiste déjà au départ de certaines femelles adultes. Ainsi Panchita, la femelle du Ravoir qui hiverne en Galice (Espagne), est arrivée dans ses quartiers d’hiver fin juillet. Nos amis espagnols l’ont aperçue le 31.

Panchita sur son lieu d’hivernage © Carlos Sanjurjo

Nous l’avions vue pour la dernière fois au Ravoir le 20 juillet et il est donc probable qu’elle soit partie peu après. Elle effectue le voyage en une semaine environ car il s’écoule généralement 8 à 10 jours entre le moment où elle disparait d’un côté pour réapparaître de l’autre…

Cette saison s’est plutôt bien déroulée, avec 22 couples qui ont mené des jeunes à l’envol. Nous avons toutefois noté un fort taux de renouvellement sur les nids, avec un grand nombre d’adultes qui n’étaient pas revenus de migration. C’était le cas en particulier de la femelle 02, qui s’était reproduite sur le Ravoir pendant 10 ans, et qui n’est pas rentrée au printemps 2020.

Le jeune HC, seul survivant de la nichée de Panchita et 6.A, se porte bien mais n’est pas encore totalement autonome, dépendant encore des apports de poissons de son père.

Sur le pylône de Sologne, le mâle assure toujours son rôle nourricier auprès des jeunes. Un jeune seul a été observé plusieurs fois sur les images mais il est difficile de savoir s’il s’agit toujours du même ou non (les deux jeunes de la nichée n’ayant pas pu être bagués cette année).

Depuis le 1er aout, nous n’avons plus observé la femelle sur le nid. Tout porte à croire qu’elle est déjà partie vers son lieu d’hivernage ; elle était arrivée tôt sur le nid et avait pondu rapidement. « Qui part à la chasse perd sa place ! » : un dicton tout indiqué sur ce nid où ont été observés deux individus bagués 29 et 9.Y le 10.08 vers 8h50.

Plusieurs nouveaux nids ou ébauches ont été découverts dans le Loiret et dans le Loir-et-Cher, sur des arbres ou sur des pylônes… Un bilan plus précis suivra mais on peut déjà dire que le balbuzard continue son expansion…

 

Ravoir et Sologne – 3 juillet

Ils volent !

C’est toujours très émouvant de voir un jeune prendre son premier envol.

Depuis plusieurs jours, les oiseaux s’exerçaient au vol : battements d’ailes énergiques et répétés, prise de hauteur… Chaque fois, ils retombent sur le nid, jusqu’au grand jour où ils osent s’élancer dans le vide.

Dans la majorité des cas, ces envols se passent bien mais, malheureusement, sur le nid du Ravoir, il faisait très venteux samedi 27 juin ; Le jeune HB a été déporté par le vent lors de ses exercices et est tombé au sol. Le temps que les naturalistes soient informés de l’incident et aillent vérifier sous le nid le lendemain, il avait disparu, probablement victime d’un carnivore. Un jeune tombé vivant au sol est très vulnérable car il bouge, quémande de la nourriture et ne passe donc pas inaperçu pour les prédateurs terrestres (renard, martre…).

Son frère HC a commencé à voler le dimanche 28 dans l’après-midi alors qu’un des deux jeunes du pylône venait également de prendre son premier envol. Le dernier ne devrait pas tarder à le suivre.

Les nids apparaissent maintenant le plus souvent vides, sauf quand toute la famille s’y réunit pour partager le poisson apporté par le mâle.

 

Ravoir et Sologne – 18 juin

Presque aussi grands que les parents

Les jeunes ont bien grandi et, si ce n’était le fin liseré blanc qui borde chaque plume et la taille légèrement inférieure, on pourrait les prendre pour les adultes…

Au Ravoir les deux jeunes ont été bagués le 17 juin. Deux jeunes ? Alors qu’on vous annonçait fièrement que trois petites têtes avaient été aperçues vers la mi-mai ? Hé oui, le troisième n’avait pas cessé de donner des inquiétudes aux ornithologues qui suivent le nid : dernier né et donc plus petit que les autres, souvent victime de l’agressivité des ainés, il passait souvent son tour lors de becquée et grandissait plus lentement…

C’est peut-être ce qui a provoqué sa mort, apparemment vers la fin mai. La femelle a dû évacuer le cadavre hors du nid car il n’était plus là au moment du baguage. D’autres hypothèses sur la cause de sa disparition ne peuvent bien-sûr être écartées: chute du nid (improbable sauf en cas de comportement aberrant, voir ici), malformation congénitale rendant le jeune non viable, voire prédation… 

Lors du baguage, qui est pratiqué par Rolf Wahl, dans le cadre d’un programme personnel agréé par le MNHN, les deux jeunes sont apparus en pleine santé. Ils étaient âgés d’environ 43 jours et pesaient 1 300 g et 1 410 g, poids qui indiquerait que ce sont tous les deux des mâles (les femelles sont plus corpulentes et peuvent atteindre près de deux kilos). En plus de la bague métallique du Muséum, ils portent désormais une bague plastique orangée portant les code HB et HC.

Le baguage des oiseaux est essentiel pour le suivi de l’espèce et apporte des informations précieuses sur les individus, la dynamique de population, les lieux d’hivernage… Chaque année, des oiseaux bagués en région Centre-Val de Loire sont observés sur les côtes ou dans les grands marais de l’Ouest africain. Les bagues nous permettent également de connaitre l’origine et la généalogie des oiseaux qui se reproduisent dans la région.

Sur le pylône de Sologne, les deux jeunes se portent bien également. Ils ne pourront malheureusement pas être bagués cette année, le bagueur n’ayant pu insérer cette opération dans son emploi du temps.

Sur les deux nids, les jeunes commencent à battre des ailes et à se muscler pour le premier envol, qui devrait intervenir dans les premiers jours de juillet…

Ravoir et Sologne – 21 mai

Cela fait longtemps qu’on n’avait eu ce plaisir au Ravoir : apercevoir trois petites têtes dépassant du bord du nid ! La dernière fois c’était en 2012…

Il faut généralement attendre une quinzaine de jours après la première éclosion pour voir apparaître les jeunes. Depuis quelques jours, nous pouvions apercevoir deux petites têtes lors des becquées ou lorsque ces deux poussins s’affrontaient avec agressivité, comme ils peuvent le faire à cet âge. Le 19 mai, sans erreur possible et malgré leur parfait mimétisme, nous avons vu le petit troisième…

Les nids sont dorénavant beaucoup plus animés ! Apports de poissons suivis de longues becquées, disputes des jeunes, parents jouant les parasols…

A ce stade, les jeunes sont encore très vulnérables : mauvais temps (comme en 2016), prédateurs, maladies… Tout dérangement au pied d’un nid occupé peut être fatal à la nichée. Nous le recommandons avec insistance, n’approchez pas des nids de balbuzard !

Sur le pylône de Sologne, deux jeunes sont nés. On peut dorénavant les apercevoir distinctement à chaque nourrissage ou même régulièrement pendant la journée : avec les températures élevées de cette fin mai, les parents ne sont plus obligés de réchauffer leurs jeunes et stationnent souvent debout à leurs côtés pour leur faire de l’ombre… Ouvrez l’œil, ils sont bien là !

 

5 mai 2020

Premières becquées au Ravoir !

C’est dans la brume du petit matin de ce mardi 5 mai que nous avons constaté que Panchita donnait sa première becquée à un jeune nouveau-né. Quelques heures avant, elle semblait très affairée, regardant au fond du nid et évacuant ce qui devait être une moitié de coquille…

La naissance est toute récente. Une petite incertitude subsistait quant à la date de début de couvaison (entre le 26/03 et le 1er avril) mais, vu la date de la première éclosion, il est fort probable que Panchita ait commencé à couver le 28 ou 29 mars. Généralement les toutes premières becquées sont données environ 38 jours après le début de couvaison.

Ces cinq semaines ont été plutôt clémentes et, jusqu’à ces derniers jours, les oiseaux n’ont guère eu de pluies à affronter. Panchita et 6.A se sont relayés régulièrement sur le nid.

Ceux qui se connectent régulièrement auront peut-être remarqué que des locataires ont élu domicile dans l’aire : un couple de Bergeronnette grise a construit son nid entre les branchages et, en ce début mai, il parait très occupé à nourrir aussi ses jeunes, vu la fréquence des allers-retours…

Sur le pylône de Sologne, la caméra nous a permis d’apercevoir deux œufs. L’éclosion est imminente !

 

Ravoir et Sologne – 9 avril 2020

Les oiseaux ont pondu !

Amusant, pour des mangeurs de poisson, de pondre leur premier œuf le 1er avril ! C’est pourtant ce qui est arrivé cette année pour le couple de Sologne, et peut-être aussi pour celui du Ravoir.

La période des pariades a été relativement courte car les partenaires de ces deux nids se connaissent bien. Les couples s’étaient reformés aux alentours de la mi-mars et le premier œuf a été pondu deux semaines plus tard.

La période de couvaison va durer une quarantaine de jours, assez calmes, rythmés par les apports de poissons du mâle, qui prendra alors le relais de la femelle pour la couvaison. Au Ravoir, on devine à peine la tête blanche de Panchita à travers les branches. Sur le pylône en revanche, les plus chanceux auront peut-être la chance d’apercevoir les œufs.

Rappelons que, en 2019, Panchita et 6.A avaient élevé deux jeunes, tandis que 33. et 79 en élevaient un seul.

Combien en auront-ils cette année ? 

 

Ravoir et Sologne – 19 mars 2020

C’est parti ! Une nouvelle saison commence… 

Les balbuzards rentrent de migration relativement plus tôt qu’il y a trente ans… Les premiers oiseaux revenus nicher en forêt d’Orléans dans les années 1980, rentraient aux alentours du début mars. Aujourd’hui les naturalistes sont sur les starting blocks dès le 21 février. Leur attente a été rapidement récompensée. Un premier oiseau non bagué a été vu le 25 février. Les premières observations sont toujours assez furtives et concernent généralement des oiseaux étrangers au Ravoir.

Quelques jours plus tard, le 27 février, la femelle Panchita était de retour sur son nid. Elle avait été vue pour la dernière fois en Espagne le 19 février. Sa zone d’hivernage ne se trouve qu’à 900 km de la forêt d’Orléans (https://www.fapas.es/noticias/panchita-la-dama-de-ravoir-ya-esta-en-francia) et elle fait toujours partie des premiers arrivés.

Les oiseaux continuent à rentrer au compte-goutte et à retrouver leur nid. À la mi-mars, peu de couples sont toutefois encore reformés : les oiseaux encore seuls vagabondent, visitent d’autres nids, flirtent à gauche à droite, partagent leur temps entre la pêche et la restauration de leur aire… 

Le mâle 6.A est arrivé le 12 mars et a rapidement retrouvé ses habitudes sur l’étang du Ravoir. Les acteurs sont en place, la saison peut commencer.

 Sur les pylônes de Sologne, c’est également le grand retour avec l’arrivée de la femelle 33∙ le 3 mars. Elle a été rejointe par le mâle 79, le 15 mars. Le couple, le même que l’an passé, est donc prêt pour une nouvelle saison de reproduction.

Les caméras ont été vérifiées et réparées après les nombreuses tempêtes de vent de l’hiver, et tout est en place pour vous offrir, espérons-le, de belles images ! 

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