Saison 2021

Ravoir et Sologne

Historique et faits marquants 2021

Suite aux dysfonctionnements récurrents de la caméra du Ravoir, les partenaires ont décidé collégialement de suspendre la transmission. Le nid emblématique du Ravoir ne sera donc plus filmé en 2021. En revanche, la transmission en direct reste active sur le pylône de Sologne.

En effet, le dispositif a rencontré de multiples pannes depuis son installation en 2018, liées à sa position au cœur de la forêt, loin de toute source d’alimentation électrique et avec une couverture réseau très limitée. Livrer une vidéo d’une minute tous les quarts d’heure ne nous a pas semblé satisfaisant et nous avons été obligés, à grand regret, d’interrompre la transmission.

L’observatoire du Ravoir reste bien-sûr accessible aux visiteurs pour l’observation du couple en pleine nature. N’hésitez pas à vous y rendre !

Carnet rose, carnet noir

La profondeur du nid du Ravoir ne nous permet pas de dénombrer les poussins avant deux à trois semaines et nous attendions d’être sûrs du nombre de jeunes avant de mettre à jour notre carnet de bord… Et cette année, il se confirmait au fil des jours il n’y en avait qu’un seul. Ceci explique la date plutôt tardive de l’éclosion, comme nous vous l’expliquions le 17 mai.

Malheureusement, alors que le jeune grandissait normalement, il a subitement disparu en fin de semaine dernière ; le nid était vide à notre arrivée samedi matin. Un rapide coup d’œil sous l’arbre nous permit découvrir un petit amas de plumes, indiquant que le jeune avait été victime de prédation. Etonnamment, les raisons de sa chute restent un mystère. Les deux manchons « anti-martre », qui protègent le tronc du pin porteur du nid et de son voisin le plus proche, sont intacts et on peut donc exclure une prédation par ce mustélidé.

En principe, un jeune en bonne santé ne s’approche pas du bord du nid. En cas de forte chaleur, la mère reste à ses côtés pour lui faire de l’ombre. Panchita a-t-elle été dérangée, privant le jeune de son ombre protectrice ? Il se serait alors dangereusement approché du bord de l’aire en tentant de fuir le soleil… S’il avait été victime d’un autre rapace, un autour des palombes par exemple, le prédateur l’aurait emporté vers son aire. Le tas de plumes au pied de l’arbre indique qu’il a été consommé partiellement sur place, probablement par un mammifère.

L’histoire se répète. Une fois de plus, nous assistons impuissants à la disparition du jeune du nid du Ravoir, sans avoir beaucoup d’éléments pour l’expliquer… C’est la nature… Heureusement, de nombreux autres nids abritent des nichées en bonne santé et l’échec du nid du Ravoir ne met pas en péril l’avenir de l’espèce, comme cela aurait pu être le cas 35 ans plus tôt.

Après un échec, les adultes restent généralement sur le site jusqu’à leur départ en migration, le mâle continuant à approvisionner la femelle en poissons. Le plus souvent, ils continuent à exprimer leur instinct de reproduction en apportant de nombreuses branches sur leur nid ou, parfois, en commençant à en construire un nouveau. Ce comportement semble être celui adopté par Panchita et 6.A, que l’on voit fréquemment apporter des branches au sommet d’un grand pin situé sur la rive gauche de l’étang, en face de l’observatoire…

Quant au pylône de Sologne, le couple est toujours présent sur le site mais ne fréquente qu’occasionnellement le nid. Les plus assidus pourront toutefois apercevoir les oiseaux sur les images de la caméra, surtout le matin.

 

Nid du Ravoir – 17 mai

Appariée depuis le 15 mars, Panchita couvait depuis le 31 mars. La naissance des premiers poussins était donc attendue avec impatience par les naturalistes qui suivent le bon déroulé de la reproduction. Généralement les poussins naissent 35 à 40 jours après la ponte du premier œuf et l’impatience s’est rapidement muée en inquiétude devant l’absence de signes d’éclosion. Le 13 mai, après 44 jours de couvaison, la première éclosion a enfin eu lieu, révélée par l’observation d’une toute première becquée. Il est donc probable que le premier ou les deux premiers œufs pondus n’aient rien donné. Les jours qui ont suivi, on a pu observer Panchita donner régulièrement de courtes becquées au nouveau-né. Espérons qu’en mère expérimentée, elle pourra protéger son jeune des intempéries persistantes de cette mi-mai .

 

Nid de Sologne – 17 mai

On vous relatait, fin avril, les tribulations du couple du pylône. Les inquiétudes des naturalistes devant l’immaturité du mâle et son désintérêt complet pour l’œuf pondu se sont révélées fondées et, depuis le 1er mai, la femelle a arrêté définitivement de couver. Le mâle ne la relayait jamais à la couvaison comme le font d’ordinaire les mâles expérimentés et elle a fini par abandonner. Depuis lors, la présence des oiseaux sur le nid est très irrégulière même s’ils le fréquentent encore quotidiennement, alternativement avec les corneilles voisines. Une année pleine de rebondissements mais qui, malheureusement, ne laisse plus aucun espoir de voir de jeunes balbuzards sortir de leur coquille et s’envoler sur ce nid…

La plupart du temps, après un échec, le couple reste présent sur le site jusqu’au départ en migration des deux oiseaux (il arrive parfois juste après l’échec que la femelle aille vagabonder pendant quelques jours mais elle revient généralement ensuite près du nid). Le mâle continue à apporter des poissons à la femelle et les deux oiseaux rapportent de temps en temps des branches.

Dans le cas présent, compte tenu des circonstances de sa formation, il n’est pas certain que le couple résiste au temps. Les deux oiseaux n’étant pas bagués, nous ne connaissons pas leur âge mais il est possible que le mâle ne soit pas encore mature et qu’il quitte le site…

Affaire à suivre !

 

Sologne

Jeudi 22 avril, situation devenue très compliquée sur le nid de Sologne…

Suite à la mort brutale de 33. et à l’arrivée de la nouvelle femelle, le couple qu’elle formait avec le mâle 79 paraissait bien engagé dans la reproduction… Mais ce dernier n’est plus apparu sur le nid depuis le vendredi 16 avril… Dès le lendemain, un congénère non bagué prenait sa place auprès de la femelle et lui apportait des poissons.

La disparition du mâle 79, qui occupait le nid depuis une dizaine d’années, est très mystérieuse. Accident ? Maladie ? Quoi qu’il en soit, il est improbable, voire impossible, qu’il se soit effacé devant le nouveau venu car les tenants d’un nid sont toujours dominants vis-à-vis des congénères qui tentent de prendre leur place et les chassent systématiquement.

Nouvelle surprise le dimanche 18 en soirée : la femelle a pondu un premier œuf, seulement neuf jours après son arrivée sur le nid, alors que d’ordinaire la période d’accouplements dure près de trois semaines. On peut donc supposer qu’avant son installation sur le nid filmé elle s’était déjà accouplée avec un autre partenaire sur un autre nid, dont elle a dû se faire évincer par la femelle habituelle arrivée de migration tardivement…

Cette ponte rapide complique encore davantage la situation : en effet, nous avons pu observer qu’un mâle ne devient apte à relayer sa partenaire à la couvaison qu’après une période suffisamment longue d’accouplements, estimée à un minimum de cinq à six jours…

A ce jour, on constate que les inquiétudes générées par cette succession d’évènements néfastes et de changements de partenaires sont fondées, car le nouveau mâle ne s’intéresse absolument pas à l’œuf pondu et ne relaie jamais la femelle à la couvaison. Même s’il lui apporte régulièrement des poissons, il parait néanmoins assez immature et ne manifeste que de rares velléités d’accouplement.

Vous avez tous certainement constaté que le nid reste assez souvent et assez longuement vide, ce qui n’augure rien de bon pour la suite…

Sologne

Jeudi 8 avril, vous avez été nombreux à nous écrire pour nous faire part de votre étonnement de voir un des oiseaux inanimé au fond du nid. Et vous aviez bien vu : la femelle était morte dans la nuit de mercredi à jeudi, pour une raison encore inconnue.

Grâce à l’alerte rapide des naturalistes d’Objectif Balbuz@rd, la DREAL a organisé la collecte de l’oiseau,  en liaison avec le Groupe Maintenance Réseaux de Rte et l’Office français de la biodiversité, seul habilité à manipuler des cadavres d’oiseaux protégés. L’opération s’est déroulée le vendredi matin et le cadavre a été confié à l’OFB pour analyses et autopsie. Les résultats seront communiqués ultérieurement.

Cette mort brutale d’une femelle jeune (sept ans), qui venait de pondre et était apparemment en bonne santé, nous a tous surpris et consternés. Mais là où les naturalistes ont été plus stupéfaits encore, c’est qu’une nouvelle femelle s’est installée sur le nid, alors que les lignards de Rte avaient à peine tourné les talons ! Le mâle l’a aussitôt acceptée. Dès midi, ce vendredi 9 avril, nous assistions à des apports de branches, de poissons et à des accouplements. A l’heure où nous écrivons ces lignes, la femelle est toujours là et nous avons bon espoir que le couple puisse se reproduire cette saison. Contrairement à la précédente, la femelle est non baguée et nous ne pouvons donc savoir précisément « qui » elle est…

Quant au Ravoir, la couvaison parait se dérouler sereinement. Le couple est bien rôdé et les passages de relais sont très rapides…

Ravoir, 31 mars

Au Ravoir, la couvaison commence ! Dix-huit jours après l’arrivée du mâle 6.A, Panchita a commencé à couver. C’est à notre connaissance la première femelle de la forêt d’Orléans à avoir pondu… A notre arrivée tôt ce matin, c’est le mâle qui couvait ; la femelle l’a remplacé après un accouplement. Les accouplements seront encore nombreux jusqu’à la ponte du dernier œuf… Rappelons que les œufs sont généralement pondus avec un intervalle de deux à trois jours… Les couvées en comptent le plus souvent deux ou trois, exceptionnellement quatre. Commence donc pour ce couple la délicate période d’incubation, qui devrait aboutir à la naissance d’un premier poussin, vers le 6 mai. Les balbuzards étant très sensibles aux dérangements, espérons que rien ne viendra nuire à la tranquillité dont ils ont besoin pendant cette phase particulièrement critique de la reproduction… Sur le nid de Sologne Depuis le 25 mars, la femelle a enfin un compagnon… Le couple a paru se consolider très vite, signe qu’il pourrait s’agir du mâle habituel, mais cela reste à vérifier grâce à la lecture du code de sa bague de couleur…

Ravoir, 15 mars

Le couple du Ravoir est reconstitué Les balbuzards migrent et hivernent séparément. On n’est donc jamais sûr, le printemps venu, que les partenaires des couples se retrouveront… Au Ravoir, le suspens a pris fin ! Sans partenaire attitré depuis son arrivée sur l’étang, Panchita s’absentait de temps en temps. Elle avait notamment été observée sur une autre aire de la forêt, avec un mâle lui-même encore seul. Le 13 mars, le retour de 6∙A, son compagnon de l’an dernier, a mis fin à ses vagabondages… Ce samedi, nous l’avons découvert en fin d’après-midi, perché dans un pin du bord de l’étang, somnolent, gorge bien gonflée, reprenant apparemment ses forces après son périple migratoire. Récupération visiblement effective le lendemain puisqu’il apportait des branches sur l’aire et commençait déjà à s’accoupler avec la femelle… Les acteurs sont en place, la saison de reproduction peut commencer. Après une période d’accouplements et de réaménagement du nid, Panchita devrait commencer à pondre vers la fin du mois.

Sologne

Sur le pylône de Sologne, l’attente se prolonge Arrivée le 4 mars, la femelle 33∙ réaménage son nid en attendant l’arrivée du mâle qui ne devrait désormais plus tarder. Pour rappel, il était revenu le 15 mars l’année dernière. Patience…

Ravoir

L’hiver a repris vigueur la deuxième semaine de février, avec des températures de – 10°, mais cela ne semble pas avoir découragé les balbuzards. Quelques discrets premiers visiteurs ont été aperçus cette semaine-là mais ne semblent pas s’être attardés.
Nos amis espagnols venaient à peine de nous annoncer que Panchita n’était plus visible sur son site d’hivernage, que nous voyions arriver la belle sur le Ravoir. Elle a été observée la première fois le 19, sonnant ainsi la fin de l’hiver pour les ornithologues loirétains. Depuis lors, elle quitte peu le site, trouvant dans l’étang de quoi se sustenter.

Notre éclaireuse n’est pas restée seule longtemps. Le 24 février, elle recevait la visite d’un voisin fraichement arrivé lui aussi. Mais, pour l’instant, le mâle 6.A n’est pas encore rentré.

Autre signe avant-coureur du printemps : les grues ! Elles sont passées massivement à partir du 15 février et le passage continue. Il semble que les oiseaux soient assez précoces cette année…

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