Saison 2022

Ravoir et Sologne

Historique et faits marquants 2022

Bienvenue dans la saison 2022 !

Ravoir  – 29 juillet

Après la mort des deux jeunes fin juin, les parents se sont comportés comme se comportent traditionnellement les adultes en pareilles circonstances : ils ont rechargé l’ébauche de frustration commencée l’année dernière, Panchita a vagabondé, les liens du couple se sont un peu distendus…

Nous avons même cru que Panchita était déjà repartie vers Espagne ! En effet, elle ne s’est plus montrée à l’étang du Ravoir entre le 10 et le 24 juillet. Une femelle non baguée a d’ailleurs profité de son absence pour venir se faire offrir des poissons par le mâle 6.A… Mais Panchita a fini par réapparaître, à chasser la femelle intruse et à reprendre sa place…

C’est un phénomène assez courant qu’après un échec de reproduction la femelle s’absente plus ou moins longtemps, visite d’autres nids et aille se faire offrir des poissons par un mâle esseulé. La vagabonde revient généralement au bout de quelques jours, retrouve son partenaire et le couple reste ensuite formé jusqu’au départ en migration de la femelle, la première à partir. Ce comportement a déjà été observé à plusieurs reprises en forêt d’Orléans et on peut supposer que c’est l’explication de la longue absence de Panchita après la mort de ses jeunes…

Il semble cependant que Panchita ne se soit pas attardée, car elle n’a plus été vue depuis trois jours. Il est possible finalement qu’elle soit bel et bien en route vers l’Espagne… Les deux années précédentes c’est le 20 et 24 juillet qu’elle avait été vue pour la dernière fois sur l’étang du Ravoir.

Quant au mâle 6.A, il devrait comme les années précédentes rester sur l’étang jusqu’au début septembre. D’ici là, il n’est pas impossible qu’une autre femelle vienne le rejoindre un certain temps pour se faire offrir des poissons…

  

Sologne  – 29 juillet

Quant aux deux jeunes du pylône de Sologne (caméra 1), ils ont pris leur envol les 21 et 23 juillet. Mais ils sont encore nourris par leurs parents et reviennent sur le nid consommer les poissons apportés par le mâle, ou, ponctuellement, par la femelle. Dans quelques temps, ils commenceront à emporter les proies et apprendront à les manger perchés dans un arbre, sans les laisser tomber… Ce n’est généralement qu’ensuite, bien aguerris et maitrisant parfaitement les différentes conditions de vol, qu’ils essayeront de pêcher. Les premières tentatives réussies les inciteront alors à partir solitairement en migration… Mais tout cet apprentissage prend, pour certains, près d’un mois et demi après le premier envol… Ils devraient donc faire encore de fréquentes apparitions sur le nid.

 

29 juin – Mercredi noir

Nous avions à peine mis en ligne l’annonce joyeuse d’un premier envol sur le nid du Ravoir, soulagés que contrairement à l’année dernière (et à de nombreuses autres années : 2007, 2009, 2013 à 2017) les jeunes aient atteint ce stade de leur développement, que le mercredi 29 juin nous assistions, impuissants et incrédules, à la mort quasi-simultanée des deux jeunes

Tôt dans l’après-midi, peu intéressée par la becquée que lui présentait Panchita, la jeune femelle, plutôt apathique, s’est couchée au fond du nid. Seules quelques plumes soulevées par le vent trahissaient sa présence. Elle ne s’est jamais relevée. En fin d’après-midi, le jeune mâle, perché bas sous le nid, paraissait lui aussi étonnamment mal en point. Il avait l’attitude des oiseaux qui souffrent de la chaleur, bec entre-ouvert et ailes pendantes, alors que la température était clémente.

Il a fini par perdre l’équilibre et par tomber au sol, devenant invisible dans les hautes herbes du bord de l’étang. Son cadavre a été récupéré intact une demi-heure plus tard ; il ne montrait aucun signe de maladie ni de blessure…

Grâce à une chaine de personnes disponibles et efficaces, le cadavre de la jeune femelle a été récupéré le lendemain matin, et les deux oiseaux ont pu être transmis dans la foulée au service départemental de l’Office français de la biodiversité. Les vétérinaires du réseau SAGIR (réseau de surveillance des maladies infectieuses des oiseaux et des mammifères sauvages terrestres) ont pu immédiatement commencer les premières analyses et on espère sincèrement que la rapidité de l’intervention et de la transmission permettra d’apporter des réponses à ces morts subites.

Mais la série noire ne s’est pas arrêtée là : en fin d’après-midi ce même mercredi, nous constations sur le nid du pylône que, des trois jeunes, il n’en restait plus que deux ! Grâce aux images accessibles en replay, nous avons pu retracer la mort du troisième poussin. Il semblerait ici que le « petit dernier » supplanté par les deux ainés lors des becquées et souvent victime de leur agressivité, a dû être fragilisé par le manque de nourriture et n’a pas survécu. Une image prise à 15:30 montre clairement le petit cadavre au fond du nid, pattes en l’air…

 

Ravoir – 27 juin – bagués, envolés !

Après une période d’élevage qui s’est déroulée sans histoire, c’est avec joie et soulagement que nous avons assisté au premier envol d’un jeune hier à l’observatoire du Ravoir, pendant l’après-midi dédiée à l’accueil du public. Les deux jeunes, un mâle et une femelle en pleine santé, avaient été bagués le 17 juin. Ils portent désormais des bagues orangées codées PAI et PBI. En principe, le second jeune ne devrait pas tarder à s’envoler également.

De nombreux nids de la forêt d’Orléans comportent trois jeunes, ce qui augure d’une bonne saison. Les oiseaux ont l’air d’avoir supporté sans encombre la succession d’orages de grêle, particulièrement violents, de ces derniers jours. Un seul nid et les trois jeunes qu’il contenait ont été retrouvés au sol. L’arbre porteur, mort depuis quelques années, était fragilisé et les branches qui supportaient le nid n’ont pas résisté aux rafales de vents des derniers orages. Les jeunes ont été récupérés vivants mais ont subi des dommages corporels. Ils ont été transportés dans un centre de soins, avec l’espoir qu’ils pourront à terme retrouver une totale intégrité physique permettant de les relâcher dans la nature…

Sologne – trois jeunes sur le nid !

En Sologne, sur le nid filmé par la caméra, on sait depuis le début du mois qu’il comporte trois jeunes, fait inespéré suite aux dérangements et aux longues interruptions de couvaison que nous avions constatés tout début mai. Mais tout s’est manifestement bien terminé puisque les trois œufs ont éclos. La femelle a montré de grandes capacités à protéger sa progéniture des intempéries violentes de ces derniers jours. Âgés maintenant de quatre semaines, les jeunes paraissent en pleine forme et devraient prendre leur envol dans la deuxième quinzaine de juillet.

31 mai – Ravoir et Sologne

C’est au petit matin de ce mardi 31 qu’une première éclosion a été confirmée sur le nid du pylône. Suite à l’apport d’une branche par le mâle, la femelle s’est levée, découvrant un tout jeune poussin. Quelques minutes plus tard, le mâle a apporté un poisson et elle a donné la becquée.

Deux autres œufs, non éclos, sont encore visibles dans le nid.

Cette naissance met fin à l’attente anxieuse suscitée par deux interruptions à la couvaison de plus d’une heure au début de la période d’incubation. Espérons maintenant que cette première éclosion sera suivie d’une ou deux autres…

Cette heureuse issue sur le nid de Sologne nous donne l’occasion de vous donner des nouvelles du nid du Ravoir : deux jeunes sont nés au tout début du mois de mai et sont dorénavant bien visibles de l’observatoire.

Pour l’instant, tout se passe bien. Aussi efficace à la pêche que les autres années, 6.A ravitaille abondamment sa nichée et les jeunes grandissent vite. Sur les autres nids de la forêt, la période de couvaison est arrivée à terme pratiquement partout et le dénombrement des jeunes est en cours…

5 mai – Ravoir

Le 27 mars nous vous annoncions que la couvaison avait commencé sur le nid du Ravoir… alors que d’autres balbuzards venaient à peine de rentrer de migration. En principe, il faut deux à trois semaines entre la reformation des couples et la ponte du premier œuf.

Très logiquement, nous attendions donc les éclosions dans les tous premiers jours de mai. C’est le 4, après 38 jours de couvaison, qu’est né le premier poussin. Une première becquée timide, indiquant un nouveau-né récent, a été observée dans l’après-midi.

Rien ne nous permet de savoir si ce jeune sera suivi d’un ou deux autres. Patience donc. Nous nous réjouissons déjà de cette première naissance, indiquant que l’incubation n’a été perturbée par aucun dérangement.

Sur les autres nids, la plupart des couples couvent…

5 mai – Pylône de Sologne

C’est le 23 mars qu’un premier balbuzard a été aperçu sur le nid du pylône. Il s’agissait d’une femelle, rejointe deuxième semaine d’avril par un mâle, également non bagué. Un mois plus tard, le 22 avril, la ponte et la couvaison commençaient…

Mais la caméra nous a permis d’assister, impuissants, à de nombreuses interruptions de la couvaison, qui duraient parfois plus d’une heure, lors desquelles il était possible d’entendre les cris d’alarmes de la femelle, indiquant clairement un dérangement d’origine anthropique.

Des interruptions aussi longues dans l’incubation ont souvent des conséquences néfastes, même si les températures sont clémentes. Nous sommes donc assez mitigés sur l’issue de cette couvaison… Verdict vers la fin mai…

Ces problèmes mettent en lumière toute la complexité de la couvaison et révèlent la très grande sensibilité des couples face à tout dérangement lors de cette période.

Ces dérangements pourraient même devenir un facteur limitant important dans la population en place. En 2021, 28 % des nids étaient en échec à cause de dérangements humains…

28 mars – Ravoir

La couvaison a commencé le 27 mars sur le nid du Ravoir. Après trois semaines d’un suspens soigneusement entretenu par les oiseaux, qui utilisaient indifféremment les deux nids pour les accouplements ou les échanges de poissons, c’est finalement sur l’aire traditionnelle que Panchita s’est installée pour pondre, montrant une fois de plus le grand attachement des oiseaux à leur nid.

Corollaire du retour de plus en plus précoce du couple, la ponte intervient de plus en plus tôt en saison. Dans les années 2010, la couvaison débutait dans la première décade d’avril ; depuis quelques années, elle commence plutôt fin mars.

Panchita est déjà sur ses œufs alors que les autres couples de la forêt sont à peine reformés. Sur la petite trentaine de nids suivis dans le Loiret, quinze seulement ont été recensés comme étant déjà occupés de façon avérée par un couple.

Car il faut savoir que, dans le département, environ 25 couples de reproduisent chaque année. Ils sont majoritairement installés en forêt d’Orléans mais aussi dans quelques propriétés privées périphériques ou sur des pylônes. Au niveau régional, on en dénombre une cinquantaine et, au niveau national, 117. L’expansion continue lentement mais sûrement.

28 mars – Pylône de Sologne

Sur le pylône filmé par la caméra, le premier oiseau a été aperçu le 23 mars mais ne semble pas encore totalement fixé. Il fait des apparitions épisodiques et vient parfois consommer un poisson sur l’aire. Espérons que cette situation changera dès le retour de son partenaire.

15 mars – Ravoir

Fait peu fréquent mais pas exceptionnel, un nuage de sable du désert a survolé la France, donnant un ciel d’une couleur orangée. Nous ne résistons pas au plaisir de partager une image de Panchita sur fond saharien.

C’est le 19 février que les premiers balbuzards ont été observés au Ravoir. Deux individus différents ont fait de courtes apparitions sur l’étang dans l’après-midi. Mais les naturalistes gardaient les yeux tournés vers le nord de l’Espagne, inquiets de savoir si Panchita avait quitté, ou non, son site d’hivernage. Une fois de plus, elle a fait le trajet retour en un temps record : encore signalée dans le delta du fleuve Eo le 23 février, elle a été observée en forêt d’Orléans le 25 !
Nous ne pourrons malheureusement pas suivre à distance la reproduction sur le nid du Ravoir puisque, suite aux dysfonctionnements récurrents de la caméra, les partenaires avaient décidé de suspendre la transmission au printemps 2021. En revanche, la transmission en direct reste active sur le pylône de Sologne où, nous attendons l’installation imminente des oiseaux.
L’observatoire du Ravoir reste bien-sûr accessible pour l’observation du couple en pleine nature. L’accueil des visiteurs reprendra cette année, après deux ans d’arrêt suite aux conditions sanitaires. N’hésitez pas à vous y rendre !
Depuis qu’elle est arrivée, Panchita semble privilégier le nid habituel près duquel on la trouve souvent perchée. Comme il l’a déjà fait dans le passé, le mâle non bagué d’un nid voisin est venu la rejoindre et s’est fait très pressant pour s’installer auprès d’elle : réarrangement des branches, tentatives d’accouplement… Mais le 7 mars, beaucoup plus tôt que les années précédentes, le mâle 6.A est rentré de migration. Pour le plus grand plaisir des ornithologues, il a été aperçu en début d’après-midi sur la branche horizontale qu’il affectionne au milieu de l’étang, position idéale pour que nous puissions confirmer le code de sa bague.


Après quelques tentatives d’accouplement, il s’est mis à recharger… les deux nids ! Le nid traditionnel et l’ébauche dite « de frustration » construite après l’échec de la reproduction en 2021.


Reste à savoir maintenant quel nid choisira Panchita… Affaire à suivre !

expand_less